C'est dans l'intimité, entourés par ses grands-parents, parrain, marraine, mononcle et une arrière-grand-mère que nous avons procédés, hier, à l'enterrement de Marie, notre fille.
Je ne pensais jamais avoir à faire ça un jour, surtout pas cette année. Je pensais plutôt préparer un baptême...
Maintenant, c'est dans sa petite, si petite, urne toute rose qu'elle repose pour l'éternité. Cette urne n'est pas sur une tablette de ma bibliothèque mais dans le lot famillial de BLu, avec ses arrière-grand-parents, là où sa place est maintenant.
Marie, petit ange, tu seras à jamais dans nos coeurs.
Maman & Papa
Tous les jours, ce n'est pas facile. Quelque chose me rappelle que je n'ai pas ma fille avec moi et ça fait mal, comme si mon ventre se vidait encore et encore.
Mais là, pour mon coup de grâce, la fête des mères s'en vient. Donc les pubs et tout le tralala s'en viennent eux aussi.
L'an passée, à la fête des mères, je m'étais secrètement dit/promis que je fêterais la fête des mères en 2007... J'ai presque réussi; je suis une mère, mais sans enfant pour me fêter.... et disons que pour le moment, ça ne me tente pas de fêter, même si c'est pour dire à ma mère que je l'aime.
MàJ:Ah oui! Et surtout, avant même que vous y pensiez, je ne vais pas fêter la fête des mères “quand même” parce qu'après tout, je suis une mère: ça ne serait pas à propos et il n'y aurait rien de l'fun à me faire rappeler que je suis une mère “quand même”.
Premièrement, merci beaucoup... Je sais bien que je peux vous en parler autant que je veux.... mais pour ma santé mentale, j'aimerais être capable de ne pas toujours tout ramener à elle, à ma peine, à sa mort.
À chaque instant, lorsque je pense à elle, je ressens toujours cette douleur vive, la même qui m'a foudroyée lorsque j'ai vu que son coeur ne battait plus sur l'échographie.
Il parait que le temps arrange les choses, le temps ne passe pas vite. Les journées sont longues, les semaines aussi... mais les fins de semaines sont trop courtes.
Je dois me refaire une routine, je dois apprendre à nouveau comment passer mes journées, à combler ce vide qui ne devait pas se trouver là à notre retour de l'hôpital... bref, je dois réapprendre à reprendre ma vie d'avant. Nous étions prêt à l'accueillir et de devoir composer avec son absence c'est diffice. Lorsque je vois un bébé ou une famille, je ne peux m'empêcher de penser que nous aussi nous étions supposés être heureux avec notre fille. C'est difficile.
Je trouve ça ridicule d'aller faire mon épicerie, d'aller mettre de l'essence, de faire mon lavage, ou encore pire, du ménage. Je sais que je ne dois pas me laisser aller... mais reprendre cette routine me donne l'impression que je m'éloigne de ma fille et de son souvenir, que je passe froidement à autre chose.
En faite, j,ai l'impression que je n'ai plus d'autres sujets de conversations depuis un mois...
J'ai beau essayé, mais lorsque je suis avec d'autres personnes, tout revient toujours, sans le vouloir, à ma fille et toute la peine qui s'y rattache.
Dans une conversation normale, je pourrais vous raconter qu'hier je suis allée au Salon du livre et que l'odeur des livres est toujours la même: réconfortante. Mais, maintenant, je rajoute : “... et il y avait beaucoup trop de poussettes.”
Par contre, j'ai pas rien à dire à propos de ma fille lorsque j'écoute le canal “Fight Network”. [Inquiétez-vous pas, on n'a pas le canal “Fight” parce qu'on le veut mais parce que c'est débrouillé depuis plus d'un mois... quoi que BLu semble aimer pas mal ça.] Et ce qui est drôle c'est que lorsqu'il y a des combats, je choisi toujours un concurrent comme gagnant... et c'est immanquable, il perd. C'est pas arrivé encore que je gagne.
Si je suis capable de vous raconter cela, peut-être vais-je arriver un jour à écrire autre chose ici que cette peine que je ressens à chaque fois que j'inspire.
Hier soir nous sommes allés à notre première rencontre avec le groupe de soutien en deuil périnatal.
J'ai trouvé que nous étions trop nombreux à la rencontre; il y a trop de gens qui perdre leur enfant c'est fou.
Ça fait du bien d'en parler avec d'autres personnes: avec du monde qui ont vécu la même chose et qui nous comprennent vraiment. Les réunions sont une fois par mois... on pense y retourner. On verra comment on feel le mois prochain.
Depuis un mois, il n'y a pas eu une journée où je n'ai pas senti que mon coeur était en miettes.
Depuis un mois j'ai l'impression que partout autour de nous, il y a des bébés, des femmes enceintes et des petites familles... Je ne peux pas m'empêcher d'être jalouse de ces femmes enceintes. Une partie de moi à aussi le goût d'aller leur dire que rien n'est sur encore, que ce n'est pas dans la poche encore.
Depuis un mois je me répète que ce n'est pas vrai. Et pourtant c'est bel et bien réel.
En un mois, ma douleur, quoi que toujours présente, est moins vive. La douleur est là lorsque je pense à elle mais je ne ressens plus juste la douleur. Je réussi maintenant à passer plusieurs fois par jour devant la chambre (ouverte) de Marie et même à m'arrêter et à y entrer. Tranquillement je range de ses affaires; en fin de semaine j'ai défait le lit, ôté et plié les draps. Un pas à la fois.
On avait tellement hâte au mois de mars. Et là je ferais tout pour l'oublier. Tous les jours, à tout instant, je me répète que c'est impossible, que ça ne ce peut pas et à chaque fois, mon coeur se serre. Et à chaque fois, je me souviens que ça se peut parce qu'on le vit, parce qu'on est en plein dedans.
Ne vous méprenez pas... je vais bien, ou plutôt, je vais. Je suis fachée, je suis triste mais... je suis fière. Oui, fière. Fière de ma fille, fière d'être mère, fière d'être sa mère. Lorsque je pense à Marie, mon coeur se gonfle de fierté. Ça fait mal, mais je ressens quand même tout l'amour que j'ai pour elle et que je n'ai pas pu lui donner.
Je comprends maintenant c'est quoi l'amour maternel et pourtant je n'ai jamais tenu ma fille dans mes bras...
Je t'aime Marie et je pense à toi à chaque seconde.
En me levant ce matin, mes yeux se sont posés sur les livres de la série “Anne... la maison aux pignons verts” qu'une amie m'a passé l'automne dernier. Lorsqu'elle me les a passé, je voulais les relire, et finalement je les ai laissé, en pile, sur le bord de ma table de nuit.
C'est en regardant la pile de livre que ça m'est revenu.
Anne aussi a perdu son premier enfant à la naissance. C'est fou, j'avais complètement oublié ça. Alors ce matin j'ai relu le passage de l'accouchement difficile d'Anne... et un passage reflète bien ce que je ressens et ce que je pense parfois de toute la situation.
<< “Oh! Marilla, je ne vois pas comment je pourrai être de nouveau heureuse. Tout me blessera pour le reste de ma vie.”
“Le temps t'aidera”, affirma Marilla qui, bien que débordant de sympathie, n'avait jamais réussi à exprimer ce sentiment autrement qu'en lieux communs.
“Cela paraît injuste, poursuivit Anne d'un air révolté. Des enfants naissent et vivent là où on ne veut pas d'eux, où ils seront négligés, où ils n'auront jamais de chance. Moi, j'aurais tant aimé mon bébé, je m'en serais occupée si tendrement, et j'aurais essayé de lui donner toutes les chances de réussir. On ne m'a pourtant pas permis de le garder.”
“C'était la volonté de Dieu, Anne, dit Marilla, impuissante devant l'égnime de l'univers, devant les raisons de la souffrance non-méritée. Et la petite Joy est mieux là où elle est.”
“Je ne peux pas croire cela”, s'écria Anne d'un ton amer. Puis voyant que Marilla avait l'air choqué, elle ajouta avec passion: “Pourquoi devait-elle naître - pourquoi n'importe qui devrait-il naître - si elle est mieux morte? Je ne crois pas que ce soit mieux pour un enfant de mourir à la naissance que de vivre sa vie, d'aimer et d'être aimer, de jouir et de souffrir, d'accomplir son travail, et de développer un caractère qui lui donnera une personnalité pour l'éternité. Et comment sais-tu que c'était la volonté de Dieu? C'était la peut-être la puissance du mal qui a fait dévier le projet de Dieu. On ne peut pas exiger qu'on se résigne à ça.” >>